Juriste d’entreprise à l’honneur
Cristina Rossi est juriste d’entreprise chez Coca-Cola depuis près de trente ans, après avoir débuté sa carrière comme avocate au barreau de Bruxelles. Au fil du temps, elle s’est spécialisée dans les questions réglementaires, notamment en food law et sustainability, tout en conservant une approche transversale du droit au service du business. Membre du Conseil de l’IJE, elle s’engage également activement pour la profession et son évolution.
Pouvez-vous retracer l’évolution de votre carrière jusqu’à présent ?
J’ai débuté ma carrière professionnelle comme avocat au barreau de Bruxelles chez Coppens Horsmans et une partie de mon stage chez Texaco Belgium dans le cadre des accords ABJE -Barreau de Bruxelles. C’est là que j’ai compris que juriste en entreprise, je serai !
Par chance à la fin de mon stage, Coca-Cola recrutait, j’y suis encore 29 ans et deux enfants plus tard. Je ne me suis pas ennuyée.
Mon fond de commerce : le marketing au sens large par la lorgnette juridique. J’ai commencé par être juriste pour la Belgique, le BNX et ensuite avec un scope EU. Dans ce genre d’entreprise, même si nous nous spécialisons – pour ma part maintenant en ‘regulatory’ et plus particulièrement le food law et sustainability j’ai eu l’opportunité de toucher à de multiples domaines. Au cours de ces années les pratiques du commerce ont été ma base sur lesquelles se sont greffées d’autres domains tels que, de l’IP, du droit de la concurrence, des contrats et des litiges (surtout les éviter), sans oublier un peu d’immobilier puisque nous étions propriétaires du bâtiment. Toutes ces pratiques nourrissent mon travail d’aujourd’hui. Je ne suis pas grande partisane de la spécialisation de niche qui ne permet pas de trouver des solutions praticables pour l’entreprise.
Comment votre fonction au sein de votre entreprise actuelle a-t-elle évoluée au fil du temps ?
Nous avons évolués de conseillers à de véritables business partner.
À quoi ressemble une journée/semaine type pour vous ? Quelles sont vos types de tâches préférées ?
Comme pour tous les juristes en entreprise, la journée type n’existe pas. Il y a toujours un grain de sable pour enrayer la journée que nous avions envisagée, c’est cet équilibre permanent entre résoudre dans l’immédiateté et préparer l’entreprise pour le long terme qui rendent la profession passionnante.
Mon kif, regarder un produit dans le marché et me dire, tient il est arrivé dans un packaging innovant et engageant, avec des allégations catchy mais légales.
Pouvez-vous nous décrire l’activité de Coca-Cola en quelques mots ?
Vraiment ? Blague à part, je travaille pour la filiale belge de The Coca-Cola Company.
Pour le consommateur, Coca-Cola c’est Coca-Cola. C’est moins simple que ça, il y a d’une part le groupe The Coca-Cola Company qui détient le IP (plus visiblement les marques comme Coca-Cola, Fanta, Sprite et notre Chaudfontaine national, qui développe les recettes de produits, le positionnement des marques et produits ainsi que les campagnes marketing et toutes les activités annexes à celles-ci (tel que développer le contenant, de l’équipement, commerce digital …). D’autre part, nos partenaires embouteilleurs qui pour une majorité utilisent aussi le nom de notre marque phare dans leur dénomination, en Belgique Coca-Cola Europacific Partners. Nos embouteilleurs se chargent en grandes lignes de la fabrication, mise en bouteille et distribution de ces marques (et bien d’autres choses aussi permettant ces activités )- sans eux pas de produits en rayons.
Quels sont les grands défis qui vous attendent ?
Rester relevant, apporter un plus au-delà de ce que l’IA apportera à ma pratique. En des temps quelque peu incertains, veiller à ce que les valeurs essentielles ne soient pas mises au placard.
Vous êtes membre du Conseil de l’IJE. Quelles sont vos ambitions au sein du Conseil ?
Depuis mon premier mandat (je suis dans le second), j’ai le plaisir de participer à deux commissions : Communication et Déontologie.
La Communication c’est la carte de visite de l’ IJE tant pour les membres que le monde extérieur. Sans belle et bonne communication envers nos membres, tout le travail des autres commissions serait inconnu. Cette carte de visite est essentielle à notre visibilité en tant que profession vers l’extérieur et donc sert aussi de véhicule pour les autres commissions.
Le travail de la commission déontologie est primordial. La commission a fait un travail formidable de modernisation du code tout en conservant les éléments essentiels de celui-ci, pour un exercice de la profession dans les règles mais dans l’air du temps. Le rôle du juriste évolue mais il y a des constantes dont nous ne pouvons faire fi. Ce code et son application sont également importants pour notre crédibilité en tant qu’institut professionnel.
Mon souhait pour l’IJE, rester relevant pour la profession soutenir nos membres tout en restant centré autour de l’humain et ouvert sur le monde. Soutenir les équipes permanentes de l’Institut qui sont les véritables chevilles ouvrières de l’institut.
Hormis votre travail de juriste d’entreprise, quels sont vos centres d’intérêt ?
Un peu touche à tout, m’enthousiasment pour des choses très variées mais il y a quelques constantes la natation, promener le chien, un bon livre, imaginer un plat que j’espère bon, mais surtout passer du temps avec ceux et celles que j’aime.
Quel est votre livre de chevet, ou quelle lecture récente vous a particulièrement marquée ?
Le Gardien de Téhéran de Stéphanie Perez, recommandé par une amie qui se reconnaîtra lu il y a quelques mois.

Cristina Rossi
Juriste d’entreprise, The Coca-Cola Company