Juriste d’entreprise à l’honneur
Entre contentieux commercial, négociation contractuelle et transformation digitale, Pierre-François a construit un parcours riche et évolutif au cœur du monde juridique et technologique. Après plus d’une décennie au barreau, il a choisi de mettre son expertise au service de l’entreprise en rejoignant Proximus, où il accompagne aujourd’hui les activités liées aux contrats et aux solutions ICT.
Membre engagé du Conseil de l’Institut des juristes d’entreprise, il partage dans cette interview sa vision d’un métier en pleine mutation, confronté à l’accélération des réglementations et à l’essor de l’intelligence artificielle.
Pouvez-vous retracer l’évolution de votre carrière jusqu’à présent ?
J’ai débuté ma carrière professionnelle en tant que juriste chez Novagraaf, bureau spécialisé en propriété intellectuelle, tout en suivant le Master en propriété intellectuelle à la KUB en cours du soir. Ensuite, j’ai choisi de m’orienter vers le barreau. J’ai exercé la métier d’avocat pendant plus de 11 ans, dont presque 9 ans au sein du cabinet Koan, principalement en contentieux de nature commerciale. En 2018, je suis retourné dans le privé et j’ai rejoint le département légal de Proximus en tant que juriste d’entreprise. J’y ai d’abord travaillé dans le domaine du droit de la distribution, Proximus ayant un large réseau d’agences commerciales. Actuellement, je me concentre sur le support juridique dans le cadre de négociations de contrats avec des clients “corporate” ou avec des partenaires du secteur IT.
Comment votre fonction au sein de votre entreprise actuelle a-t-elle évoluée au fil du temps ?
Je constate une véritable accélération dans la manière de travailler. Tout doit toujours aller plus vite et je pense qu’avec l’intelligence artificielle, le rythme va encore s’accentuer. J’ai également remarqué que certaines situations qui pouvaient paraître des « cas d’école » sont devenues de véritables cas pratiques : épidémie, rupture de l’approvisionnement de certains composants, explosion des coûts des matériaux, …
À quoi ressemble une journée/semaine type pour vous ? Quelles sont vos types de tâches préférées ?
Ma principale tâche est d’épauler le business dans la négociation des contrats et par conséquent, veiller à ce que ces derniers soient correctement rédigés. Ceci m’amène à avoir des réunions internes avec le business afin de bien comprendre les solutions faisant l’objet du contrat et la position que Proximus souhaite adopter dans le cadre des négociations. Je tiens également des réunions avec les clients pour la négociation même du contrat. Et puis, il y a la gestion des incontournables demandes de dernière minute du business.
Pouvez-vous nous décrire l’activité de Proximus en quelques mots ?
Proximus est connu de tous comme un opérateur de services de télécommunications. Mais son activité est bien plus large. Proximus accompagne également la transformation digitale des entreprises en offrant des solutions ICT telles que le cloud, la cybersécurité ou encore l’Internet des objets.
Quels sont les grands défis qui vous attendent ?
Jongler avec les textes législatifs qui sont toujours plus nombreux, plus complets et non dépourvus de contradictions. Cette floraison de règlementations impose de se tenir constamment informés. Heureusement, on peut compter sur l’Institut des juristes d’entreprise pour avoir accès à un nombre impressionnant de formations et ce, dans divers domaines du droit.
Un deuxième défi est celui de l’intelligence artificielle. D’une part, trouver l’outil AI qui permette de nous assister au mieux dans notre travail, que ce soit au niveau des recherches juridiques ou de la rédaction ; d’autre part, s’assurer que les produits et services soient compliants avec les textes législatifs applicables.
Vous êtes membre du Conseil de l’IJE. Quelles sont vos ambitions au sein du Conseil ?
Je suis déjà à mon troisième mandat au sein due Conseil. Depuis le début, mon ambition est de veiller à ce que l’IJE soit un véritable partenaire des juristes. Et au regard de l’ensemble du support offert par l’IJE à ses membres, on peut affirmer que l’IJE est ce partenaire. Mais la tâche n’est pas terminée, de nouvelles questions se posent (il suffit de penser à la place que prend l’intelligence artificielle dans nos métiers) et l’IJE devra se positionner. Je préside également la commission d’admission depuis plus de 5 ans et ici aussi, j’ai l’occasion de constater une véritable évolution du métier de juriste d’entreprise – le juriste est devenu un véritable couteau suisse !
Hormis votre travail de juriste d’entreprise, quels sont vos centres d’intérêt ?
J’adore voyager. Découvrir un nouveau pays, de nouveaux paysages, une nouvelle culture est très enrichissant. Je passe également énormément de temps à jardiner, un excellent moyen pour prendre l’air et décompresser.
Quel est votre livre de chevet, ou quelle lecture récente vous a particulièrement marquée ?
Le comte de Monte-Cristo ! Même si certaines adaptations de ce livre au cinéma ou au théâtre sont excellentes, je conseille à tout le monde de lire ce chef-d’œuvre.

Pierre-François Delneste
Juriste d’entreprise, Proximus